Recherches en cours

Anciens contrats de recherche

Membre de l’équipe :

Guillaume Teillet, GRESCO-Poitiers
Mineurs et jeunes majeurs sortants de prison. Ressources, aspirations, expérience des discriminations après un ou des passage(s) par la détention en réponse à l’appel à projets 2023 du Défenseur des droits « L’impact de la détention sur les trajectoires sociales, scolaires et/ou professionnelles des mineurs ayant connu une incarcération. »

Autres membres de l’équipe de recherche : 

Adrien Maret (chercheur postdoctorant en science politique, EHESS, IRIS), Manon Veaudor (co-responsable scientifique, MCF, Université de Haute-Alsace), Arthur Vuattoux (co-responsable scientifique et porteur du projet, MCF, Université Sorbonne Paris Nord). 

Résumé :

Cette recherche propose de saisir la sortie de détention comme une séquence particulière de reconfiguration des aspirations et des ressources juvéniles, au cours de laquelle s’élaborent les positions sociales adultes. Il s’agit aussi, à travers l’analyse fine du processus de sortie du point de vue des dimensions tant publiques (scolarité, insertion professionnelle) que privées (vie familiale, vie conjugale) de saisir les mécanismes de discrimination à l’œuvre, ou plutôt, pour beaucoup, l’amplification de formes de discriminations déjà vécues en amont et durant le processus judiciaire. La sortie peut en effet réactualiser des inégalités de traitement sous la forme de fermeture des possibles scolaires ou professionnels (et plus généralement dans l’accès aux services publics, y compris sanitaires), mais aussi du fait de difficultés dans l’accès au logement ou via l’exclusion du domicile familial. À la croisée de la sociologie de la jeunesse, de la sociologie de la déviance et de la sociologie des classes populaires, le projet se donne pour objectif d’examiner les ressorts biographiques et institutionnels des transitions juvéniles après une période d’incarcération. En s’attachant aux variations des ressources et contraintes des jeunes, à l’origine d’effets différenciés de la prison sur leurs trajectoires sociales, à la part active des institutions et des acteurs présents à la sortie dans diverses formes de discriminations, ce projet a également pour ambition d’éclairer les inégalités sociales face à l’entrée dans l’âge adulte après la prison, impliquant ainsi de penser ce que « devenir adulte » après une période d’incarcération veut dire, tant en termes de contraintes sociales qu’en termes d’injonctions ou de mobilisation / transformation des aspirations sociales construites antérieurement. 

Responsabilité scientifique :

Fabienne Montmasson-Michel, GRESCO-Poities

Recherche collective.

Equipe de trois chercheur·es, deux laboratoire (Gresco Poitiers, FrED Limoges), sociologie et sciences de l’éducation. Coordonnée par Marie-Hélène Jacques, PU Sciences de l’éducation, université de Limoges, Laboratoire FrED (Éducation et diversité en espaces francophones). Avec Antoine Agraz, MCF Sciences de l’éducation, université de Limoges, FrED. Axes 1 et 4 du Gresco.

Financement. 

Fonds Trophée Handicap recherche 2022 (obtenu dans le cadre du prolongement du projet ARPEJAHM, ci-dessous).

Argumentaire :

Que deviennent les jeunes suivis dans le projet ARPEJAHM du point de vue de leur entrée dans l’âge adulte (poursuite d’études, insertion professionnelle, habitat/décohabitation, mise en couple) ? Le projet vise à prolonger l’enquête participative ARPEJAHM pour suivre longitudinalement les jeunes afin de comprendre la transition et le processus du devenir adulte chez les jeunes catégorisés avec « troubles de fonctions cognitives » et les formes plurielles et plus ou moins abouties de leur pouvoir d’agir et de leur accès à l’autonomie sociale ARPEJAHM. Quelles ressources sécurisent leur transition professionnelle et quelles contraintes la fragilise ou l’empêche ? Comment s’élabore leur prise d’autonomie dans tous les registres de la vie quotidienne (relations avec les institutions [famille, pairs, travail], gestion administrative, soins personnels, logement et mobilité, compétences domestiques, sécurité, etc.) Comment sont accompagnées, ou empêchées, leurs primes insertions dans le monde du travail ?
Un volet du projet vise également à explorer les usages et améliorations/développements possibles de l’applicatoin CASSIOP créée dans le cadre du projet ARPEJAHM.

Cadre théorique multiréférentiel. 

Sciences de l’éducation (transitions, pouvoir d’agir et autodétermination, accompagnement, etc.) ; sociologie de la socialisation, du travail, de la jeunesse, du handicap.

Méthode d’enquête.

Entretiens répétés dans le temps, observations.

Résumé du projet finalisé :

Le suivi post-scolaire de onze jeunes sortant d’ULIS de lycées professionnels met en évidence une absence d’insertion professionnelle stable pour la grande majorité d’entre eux deux ans après la fin de leur formation, malgré des parcours certifiants pour certains. La recherche documente des obstacles récurrents : stigmatisation scolaire précoce et apprentissages fondamentaux non faits, absence de continuité dans l’accompagnement à l’insertion, attentes d’autonomie immédiate et de rentabilité en emploi, disqualification implicite des compétences acquises en stage. Les jeunes restent durablement cantonnés à une position sociale « entre deux », caractérisée par une liminalité persistante, marquée par la précarité et un accès différé ou empêché à l’âge adulte. Le projet met en lumière les écarts entre les compétences effectivement mobilisées (dans des contextes professionnels subalternes mais exigeants) et les jugements de non-employabilité fondés sur des critères de productivité et de rentabilité. Parallèlement, le projet a permis de confirmer les effets positifs d’un accompagnement pédagogique et professionnel adapté, notamment via des pratiques tutorales ajustées au rythme et aux besoins des jeunes. Il a également conduit à l’amélioration et à la diffusion de l’application CASSIOP, outil de capitalisation des expériences professionnelles par l’image, utilisé comme support de reconnaissance et de médiation dans les processus d’insertion.

Responsabilité scientifique : Gwendal Roblin, doctorant au GRESCO-Poitiers

Contrat de recherche IRES-FO, 2023-2024

Résumé :

La rupture conventionnelle du contrat de travail connaît un recours croissant. Elle représente actuellement 12% des ruptures de CDI en 2021 (DARES, MMO, 2022). Fruit d’un commun accord entre l’employeur et le salarié, ce mode de rupture n’est autorisé que sur des CDI de droit privé et, plus récemment, sur les fonctionnaires et contractuels CDI de la fonction publique. 
La formalisation d’un commun accord à la rupture conventionnelle masque l’enjeu de l’initiative propre à ce mode de rupture. Ainsi, derrière un même outil peut se cacher une multitude d’expériences différentes de la rupture, suivant qu’elle soit à l’initiative de l’employeur ou du salarié, qu’elle soit réalisée par un cadre ou une employée, dans le secteur commercial ou associatif. Pour ces raisons, il semble plus prudent de parler de ruptures conventionnelles au pluriel afin de ne pas masquer la pluralité des situations et des configurations. 
Cette pluralité s’avère complexe voire impossible à faire ressortir en se basant uniquement sur des analyses quantitatives. En effet, les bases de données d’homologation de rupture conventionnelles à partir desquelles sont réalisés la plupart des traitements quantitatifs ne permettent pas d’éclairer la diversité des usages et des tensions qui parcourent ce mode de rupture. Il en va de même pour une analyse de l’accompagnement syndical. Le cerfa d’homologation ne contient qu’un seul indice, à savoir si le salarié a été assisté lors de son entretien préalable à la rupture conventionnelle. 
Près de 75% des ruptures conventionnelles ont lieu dans des entreprises de moins de 50 salariés. Parmi elles, 40% ont lieu dans des structures inférieures à 10 salariés (DARES, MMO, 2021). Les RCI ont donc lieu au sein d’établissements où la représentation syndicale est la plus faible. Or, leur nombre croissant fait de ce mode de rupture un enjeu important de saisie par les représentants des salariés et les militants syndicaux. 
Ceci met en lumière la fonction jusqu’alors peu étudiée des conseillers du salarié (Ferrette, 2010; Sin & Grima, 2019), seuls militants syndicaux autorisés à accompagner les salariés aux entretiens préalables à la rupture de leur contrat de travail dans des entreprises dépourvues de représentants du personnel. Il devient alors nécessaire de s’interroger sur les militants qui exercent ces fonctions : qui sont-ils ? Comment sont-ils formés ? Quelle place ont-ils dans les structures syndicales ? Comment accompagnent-ils les ruptures conventionnelles ? 
Pour ces raisons, la recherche sur l’accompagnement syndical des ruptures conventionnelles individuelles de contrat de travail (RCI) s’attachera à :
  • 1)      Contextualiser l’avènement de ce mode de rupture et dresser un bilan de son essor
  • 2)      Rendre compte de la fonction de conseiller du salarié
  • 3)      Eclairer les modalités de formation des militants syndicaux sur les RCI
  • 4)      Interroger les conditions d’accompagnement des RC par les militants syndicaux

[1] Décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019 relatif à la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique.

Responsabilité scientifique :

Lucie Chevalier, doctorante au GRESCO-Limoges

1er mars 2021 – 29 février 2024, Financement CIFRE : ANRT / Gérontopôle Nouvelle Aquitaine

1er mars 2024 – 28 février 2025, IReSP – CNSA (Programme Autonomie) – Dispositif doctoral, financement d’une quatrième année de thèse.

Résumé : 

Le secteur de l’aide à la personne rencontre une pénurie de main d’œuvre alors que le vieillissement de la population et la préférence des Français de vieillir à domicile sont devenus des enjeux cruciaux. Pour y faire face, différents acteurs institutionnels proposent de revaloriser « l’attractivité » de ce secteur par la mise en place d’innovations managériales et organisationnelles. Dans ce contexte, le Gérontopôle Nouvelle Aquitaine est porteur d’un programme intitulé « I-MANO » visant à favoriser la transformation organisationnelle des services d’aide à domicile. Démarré en 2019, il a permis de sensibiliser les dirigeants de quatorze structures à six approches managériales innovantes.

Cette thèse CIFRE s’intéresse à ce programme de réforme managériale qu’elle s’attache à analyser sous trois angles :

D’abord sous l’angle de la sociologie des politiques publiques. Il s’agit d’inscrire ce programme au sein d’un mouvement plus général de modernisation des services publics. La thèse formule l’hypothèse d’un déplacement de l’action publique, auparavant orientée davantage sur la formation des professionnelles et la mise en place de dispositifs pour les personnes dépendantes, vers la professionnalisation de l’encadrement et des directions. Il s’agit alors, à travers l’analyse des discours des experts et responsables du secteur mais aussi des rapports et études commandés par le gouvernement, d’expliquer la genèse d’un tel déplacement, ses modalités, les objectifs avancés, ainsi que la mobilisation des acteurs politiques et institutionnels impliqués.

Ensuite sous l’angle de la sociologie des organisations et du management. Il s’agit d’étudier la conception du programme, de son intention première à sa mise en œuvre auprès des structures du secteur de l’aide à domicile lors des formations délivrées aux responsables et aux personnels. L’enquête in situ permet d’observer les différents styles managériaux caractérisant les prestataires qui assurent ces formations. Les discours et normes véhiculés incitent les responsables et personnels de l’aide à domicile à plus d’autonomie et à davantage se responsabiliser selon une logique qu’on peut situer au croisement de deux univers : l’univers marchand et l’univers humaniste.  Cette humanisation du management s’inscrit en écho aux valeurs de l’Economie Sociale et Solidaire, ce qui facilite sa diffusion. Il s’agit donc d’observer comment prestataires d’un côté, cadres dirigeants, encadrants de proximité et intervenants de terrain de l’autre interagissent lors de ces formations où s’énoncent des normes managériales différentes de celles organisant aujourd’hui le secteur de l’aide à domicile et selon quelles stratégies les premiers cherchent à gagner l’adhésion des seconds.

Enfin, sous l’angle de la sociologie des cadres. La thèse cherche  à rendre compte des réceptions et des résistances face au programme de réforme initié en s’intéressant aux trajectoires sociales et aux situations professionnelles vécues des dirigeant.es et des encadrants de proximité. L’analyse des effets du programme, tant sur l’organisation du travail que sur les représentations auxquelles il donne lieu, souligne l’ambivalence et la diversité des appropriations faites des formations. Grâce à un outil de Mesure d’Impact Social commandé par le Gérontopôle Nouvelle Aquitaine, les réceptions du programme sont également saisies. Cette thèse repose ainsi sur une analyse d’un corpus documentaire composé de la littérature professionnelle du secteur et des différents textes et rapports législatifs de rapports officiels et sur une enquête ethnographique mêlant observation participante des formations, visites des services et entretiens longitudinaux avec les directions et les promoteurs de ces innovations. Des données quantitatives recueillies auprès des professionnels d’encadrement de proximité et de terrain complètent l’approche qualitative. 

Responsabilité scientifique

Guillaume Teillet

Réponse à l’AAP 2021 n°1 « Trajectoires » de la  Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse

Rapport de recherche et synthèse publiés en avril 2025 par la DPJJ :

« Les « doubles suivis » comme situations frontières. Pratiques professionnelles et différenciations sociales des jeunes suivis par l’ASE et la PJJ ».

Autres membres de l’équipe de recherche :

Nadia Beddiar (PU, Institut Catholique de Lille), Ilona Cler (Doctorante, Université de Lille), Léa Croizet (Doctorante, Université de Poitiers), Mathias Millet (PU, Université de Poitiers), Laura Ménigot (Doctorante, Université de Poitiers), Manon Veaudor (MCF, Université de Haute-Alsace).

Résumé :

Cette recherche propose une sociologie de l’enfance dite « irrégulière » à partir des cas de doubles ou multiples suivis institutionnels parmi les politiques publiques à destination des jeunes en difficultés sociales (enfance délinquante, protection de l’enfance, handicap, MNA, jeunes en ruptures scolaires, etc.). Ces situations juvéniles peuvent être pensées comme des « situations frontières », révélatrices de mécanismes institutionnels de différenciation de la jeunesse. Inscrit à la croisée d’une sociologie des institutions et de la socialisation d’une part, et d’une sociologie de la différenciation sociale des enfants d’autre part, cette recherche se donne comme objectif d’examiner les ressorts institutionnels de ces situations atypiques et leurs effets sur les jeunes et sur leurs trajectoires. Ceci nous conduit à analyser trois séquences de ces prises en charge spécifiques : l’amont (la construction du droit, ses déclinaisons locales en matière de politique publique, les catégories d’entendement judiciaires qui président à un tri social des enfances), le moment même de la prise en charge (les dispositifs mis en place pour répondre à ces « situations frontières » et leurs effets sur les cadres de vie des jeunes) et l’aval (la traduction de ces effets dans des parcours juvéniles). Le dispositif méthodologique repose sur une campagne d’entretiens menée auprès de juges des enfants exerçant dans sept ressorts différents, des cas ethnographiques construits à partir d’une dizaine de terrains institutionnels judiciaires ou relevant du handicap (dont quatre procèdent d’un retraitement de données ethnographiques déjà collectées), un traitement secondaire de bases de données nationales existantes ainsi que sur des analyses documentaires menées dans une double perspective juridique et sociohistorique. 

Responsabilité scientitfique :

Wenceslas Lizé, GRESCO-Poitiers

Financé par le Fonds National pour la Science Ouverte (37 476 euros).

Partenariat entre la revue bilingue Biens symboliques / Symbolic Goods, la COMUE Université Paris Lumières et la plateforme Open Edition.

Résumé :

Le projet OPEN-SHS vise à assurer la pérennité de la revue Biens symboliques/Symbolic Goods en rendant possible son intégration en tant que dispositif pilote au sein de la stratégie de science ouverte de l’Université Paris Lumières. Dès 2022, le projet fixe à la revue une double mission d’innovation et de transmission en direction de l’espace éditorial francophone.

1) Consolider l’existence de la revue Biens symboliques et  ses pratiques de science ouverte. Pour ce faire, une «éditrice Science ouverte » a  été embauché et son contrat prolongé pour couvrir la durée du projet.  Plusieurs critères du Comité pour la Science Ouverte non encore atteints au début du projet ont été complétés. 

2) Devenir un moteur de la stratégie science ouverte de  l’UPL notamment en continuant d’innover en matière de traduction multilingue et de diffusion  internationale. Pour ce faire, nous avons organisé le Premier symposium  européen des revues de SHS, centré sur les thématiques suivantes : 1)  Ethics, Transparence and Expertise in academic journals, 2) Translation  Practices in SSH journals, 3) Journals’ Sustainability and Open Access, 4)  Interdisciplinary Challenges et 5) Multilingualism. 

Nous avons également  rédigé la partie Science ouverte de la réponse de l’Université Paris Lumières  à différents appels à projets de grande ampleur. Enfin, nous avons collaboré  dans le domaine de la traduction multilingue avec l’infrastructure Opera, plus précisément avec le SIG for Multilingualism coordonné par Delfim Leão (University  of Coimbra).   

3) Transmettre les expériences et connaissances en science  ouverte, notamment au sein de l’écosystème francilien d’UPL et du Campus  Condorcet (écoles doctorales, revues, etc.). Pour répondre à cet objectif,  une rubrique Science ouverte » a été inaugurée dans le n°12 de Biens  symboliques/Symbolic Goods (https://journals.openedition.org/bssg/1364) et  quatre séances du séminaire en ligne « Open-SHS » ont été  organisées sur la durée du projet. 

Responsabilité scientifique :

Loïc Le Minor

Projet porté par l’Institut national supérieur formation et recherche – handicap et enseignements adaptés (INSHEA (laboratoire Grhapes – EA 7287), Moreau Cédric, Enseignant-chercheur  

Financement FIRAH

Résumé :

Le projet de recherche vise à développer de nouvelles méthodes d’identification et d’évaluation des caractéristiques perceptuelles chez les enfants en situation de surdicécité ou autres situations de handicaps complexes sévères (abréviation utilisée par la suite : SSC & SHCS) ainsi que des moyens de mettre en œuvre leurs résultats dans l’éducation et la vie quotidienne. Le projet est consacré à l’identification des capacités perceptuelles des enfants à besoins éducatifs particuliers. Les spécificités importantes de la perception auditive et visuelle peuvent être présentes chez les enfants SSC & SHCS. Comprendre les capacités perceptuelles d’un enfant et lui fournir la stimulation visuelle et acoustique appropriée permet de développer ses compétences cognitives, motrices et sociales et d’améliorer sa qualité de vie et celle de sa famille. L’objectif est de développer les protocoles structurés pour l’identification des possibilités de perception visuelle et auditive chez ces enfants en situation de handicap. L’identification est basée sur les réactions comportementales et permet aux parents et aux professionnels de décrire en détail le profil des capacités de l’enfant et ainsi de lui créer un programme éducatif personnalisé. Notre hypothèse est que l’analyse structurée du comportement de l’enfant lors d’activités libres et organisées permet une évaluation fiable des spécificités de la perception auditive et visuelle, indépendamment de la gravité et de l’étiologie des déficiences  sensorielles.  Deux  instruments  d’identification  des  caractéristiques  de  la  perception visuelle et auditive seront  développés et testés, ainsi que des  guides de repérage et de  bonnes pratiques pour les parents, aidants et les professionnels de soutien. Un guide sera consacré à la mise en œuvre des instruments d’identification et un autre permettra la mise en place d’une progression pédagogique individuelle avec des exemples de programmes éducatifs personnalisés. La recherche concernera au minimum 25 enfants répartis entre la France et la Russie. Les résultats du projet n’ont pas de spécificités culturelles strictes et sont applicables au travail avec des enfants SSC & SHCS dans diverses conditions de vie et d’éducation. 

Responsabilité scientifique :

Fabienne Montmasson-Michel, GRESCO-Poitiers

Recherche collective.

Equipe de trois chercheur·es, deux laboratoire (Gresco Poitiers, FrED Limoges), sociologie et sciences de l’éducation. Coordonnée par Marie-Hélène Jacques, PU Sciences de l’éducation, université de Limoges, Laboratoire FRED (Éducation et diversité en espaces francophones). Avec Antoine Agraz, MCF Sciences de l’éducation, université de Limoges, FRED. 

Financement. 

Firah (Fondation internationale pour la recherche appliquée sur le handicap) et Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Appel à projet de recherches 2020 : Parcours professionnels des personnes handicapées. Comment sécuriser les transitions professionnelles ?

Prix.

1er ex aequo Trophée Handicap Recherche de l’université de Limoges 2022.

Cadre théorique multiréférentiel. 

Didactique professionnelle, philosophie de l’éducation, approches socio-cognitives et biographiques, sociologie de la socialisation.

Méthodes. 

Observations au travail, films du travail et entretiens d’autoconfrontation, auto-production de photographies du travail et entretiens de photo-élicitation étayants (identification, catégorisation, généralisation, discussion), entretiens biographiques, entretiens collectifs lors de rencontres collaboratives autour des images du travail.

Productions de l’équipe de recherche. 

Rapport de recherche (2022), application CASSIOP (produire, sélectionner, catégoriser, légender, des photos du travail – interface accessible coconstruite avec les utilisateurs et utilisatrices), synthèses bibliographiques, formations (diplômes universitaires, professionnel·les de l’éducation ou du travail social).

Résumé du rapport de recherche. 

Le projet a permis de concevoir et d’expérimenter, avec des jeunes d’ULIS lycée professionnels, des outils de traçabilité et de réflexivité sur les expériences de stage, visant à favoriser leur reconnaissance comme travailleurs et à sécuriser leur transition vers l’emploi. Ces outils – application numérique CASSIOP (compilation d’images commentées issues des stages), auto-confrontations vidéo, observations commentées – ont été élaborés avec les jeunes, leurs enseignants et tuteurs, pour être utilisables dans différents contextes : en classe, en stage, en accompagnement à l’insertion, voire en famille. Des entretiens biographiques ont permis de documenter à la fois la construction précoce d’une scolarité stigmatisée et l’élaboration de ressources sociales pouvant ensuite contribuer à la construction de compétences professionnelles.
L’expérimentation, conduite sur deux ans avec onze élèves préparant des CAP, a montré que ces supports rendaient possible, même chez des jeunes peu familiers de l’écrit ou en situation de handicap cognitif, une mise en mots de leurs acquis, une prise de conscience de leurs compétences professionnelles, et une meilleure appropriation de leur parcours. La valorisation des gestes de travail par l’image et par le récit permet une reconnaissance de soi comme sujet capable, et contribue à structurer une identité professionnelle et à stabiliser les acquis en situation professionnelle voire à en faire des ressources transposables.
Le projet met également en lumière l’importance de l’environnement accompagnant. Il montre que l’implication des enseignants et des tuteurs, lorsqu’ils sont formés à une posture pédagogique (et non productiviste), est décisive pour rendre les stages réellement formateurs. Le projet a ainsi constitué une configuration socialisatrice affiliatrice pour les jeunes tout en contribuant à nourrir la réflexion et les pratiques des professionnels de l’éducation, de l’insertion et du travail social associés à l’expérimentation.
Les outils produits ont été pensés pour être transférables et adaptables à d’autres publics vulnérables, éloignés de l’emploi ou en difficulté avec les codes scolaires, et peuvent être déployés dans différents secteurs : établissements scolaires, entreprises, formation d’adultes, accompagnement à l’insertion, formation en travail social.

Responsabilité scientifique :

Olivier Masclet, GRESCO-Limoges

Projet financé par le Département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS) du Ministère de la Culture.

Ce projet a donné lieu à un rapport :

Thomas Amossé, Olivier Masclet, Qui regarde encore la télévision aujourd’hui ?, Rapport pour le Ministère de la culture (DEPS), février 2023, 67 p.

Résumé :

La question de savoir qui regarde encore la télévision aujourd’hui ne peut amener une réponse fermée sur la seule consommation des chaînes classiques. Ce rapport propose plus largement de questionner les logiques de consommation à domicile de contenus télévisuels, qu’ils aient pour source la grille des programmes ou les plateformes et autres services numériques. Pour cela, il opère un triple déplacement, dont les résultats sont progressivement présentés dans le rapport. Le premier déplacement tient aux matériaux empiriques que nous avons utilisés : nous nous sommes certes centralement appuyés sur l’enquête Pratiques Culturelles de 2018, mais avons également analysé les données d’une post-enquête que nous avons réalisée à l’été 2021 (30 entretiens réalisés au domicile) et du Panel Médiamat établi par Médiamétrie (pour 2018). Cette confrontation est au cœur de la première partie, où l’on s’interroge sur les enjeux sociaux du temps télévisuel à partir d’une analyse des durées télévisuelles déclarées, racontées et mesurées. Le second déplacement, de nature méthodologique, tient à la prise en compte non des seules fréquences et durées d’écoute de la télévision mais d’une diversité de pratiques et rapports aux pratiques. La mise en évidence, par des analyses factorielles, d’un espace et d’une typologie de configurations d’usages permet de questionner l’existence de styles télévisuels « populaires » et « cultivés », et plus largement du lien entre pratiques télévisuelles et condition sociale. Enfin, le troisième déplacement suppose de revenir sur les choix effectués dans le questionnaire de l’enquête Pratiques culturelles, en s’appuyant notamment sur la post-enquête, pour étendre la définition de la télévision. La télévision de grille, traditionnelle, est ainsi analysée aux côtés de la télévision hybride et de la télévision hors grille, ce qui permet de réinterroger la thèse de rupture générationnelle la concernant.

Responsabilité scientifique :

Marie-Hélène Lechien

Convention entre la Caisse d’Allocations Familiales de la Haute-Vienne et l’Université de Limoges) (avec Pierig Humeau et Emilie Mouriéras)

Résumé

Cette recherche, fondée sur un travail statistique, des observations et des entretiens, s’inscrit dans le prolongement d’autres recherches montrant que ces dispositifs sont essentiellement appropriés par des femmes. Peut-être plus mixte socialement que d’autres, il permet plusieurs usages (loisirs légitimes parents-enfants; possibilité pour les femmes de « se poser » dans un lieu encadré et gratuit avec leurs enfants – certes célébrés mais « encombrants » -, voire de gérer par de petits collectifs des formes d’abattement; ressources pour se placer du bon côté des normes éducatives; ressources pour tester un projet de reconversion professionnelle). S’il contribue à réassigner les femmes à la maternité, ses usages doivent être ré-inscrits dans les trajectoires et les temporalités de celles qui y participent.

Responsabilité scientifique : Ludovic Gaussot

Financée par la Ligue nationale contre le cancer.

Il s’agit de suivre les personnes atteintes de cancer dans l’expérience qu’elle font de la maladie et des soins, en étudiant également de près la place que les proches, les aidants éventuels, prennent dans cette gestion de l’expérience.

Responsabilité scientifique :

Hugo Dupont, GRESCO-Poitiers

Recherche qui a reçu le soutien financier de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP, 3 000€) et de l’Institut de Recherche et d’Etudes en Santé Publique (IRESP, 10 000€).

Recherche ayant reçu un prix : le Trophée Recherche handicap 2020 du consortium de l’Université de Poitiers et de l’Université de Limoges d’une valeur de 10 000 €.

Résumé :

Dans les années 1960 et 1970, les établissements avec hébergement, qu’ils soient, psychiatriques, judiciaires, sociaux ou médico-éducatifs, ont fait l’objet de nombreuses critiques et remises en question mobilisant des arguments d’ordres sociologico-éthiques, psychothérapeutiques et psychanalytiques ainsi qu’économiques et financiers. Depuis, nous assistons au développement d’un certain nombre de dispositifs intermédiaires qui ne relèvent pas de la forme de l’institution totale et qui répondent à l’injonction européenne de désinstitutionnalisation de la personne handicapée. L’unité de lieu et de personnel encadrant le « reclus » est ainsi remise en question au profit d’une prise en charge éclatée entre plusieurs dispositifs institutionnels ayant chacun un rôle et une compétence précise. Se constitue alors une division sociale du travail sur autrui entre différents dispositifs ayant chacun un objectif différent mais qui se pensent comme complémentaires.

Cette préoccupation de la division du travail sur autrui se pense en même temps qu’une volonté de mise en réseau des acteurs et des dispositifs d’accompagnement de différents secteurs. D’un côté nous trouvons une despatialisation et une démultiplication des modalités de prises en charge et des professionnels accompagnant. De l’autre, nous voyons se dessiner la volonté d’une réunification de la prise en charge.

Modifier l’offre des établissements spécialisés pour en assouplir et horizontaliser les accompagnements tout en proposant davantage de services de proximité suffit-il ou permet-il réellement de désinstitutionnaliser le handicap ? Ne sommes-nous pas en train de passer d’une forme d’institutionnalisation du handicap particulière (ségrégative) à une autre (intégrative) sans pour autant être parvenu à sortir les personnes handicapées de leur position liminale (Van Gennep, 1981 ; Turner, 1990 ; Murphy, 1993 ; Blanc, 2006, 2010, 2017 ; Stiker, 2017) c’est-à-dire en continuant plus ou moins malgré nous à leur imposer un marqueur identitaire qui les assigne à une place, symbolique certes, mais tout de même particulière ?

Nous nous intéresserons à des enfants, adolescents ou jeunes adultes qui devraient être en établissement spécialisé ou qui l’ont été ou qui le sont encore et qui expérimentent une forme partielle ou complète de déségrégation par des pratiques de maintien ou de retour au sein des institutions ordinaires de socialisation.

Responsabilité scientifique : Ludovic Gaussot

Financée dans le cadre du contrat de plan CPER-FEDER.

Cette recherche étudie la maladie chronique en terme de carrière, en prenant empiriquement comme exemple le cancer, l’alcoolodépendance et le diabète.

Responsabilité scientifique : Ludovic Gaussot

Financée par la fondation Pfizer, le GIS Institut du genre et la Fondation pour la recherche en Alcoologie.

Cette recherche prolonge la recherche sur les étudiants en remontant aux années lycées/apprentissage

Co-responsabilité scientifique : Ludovic Gaussot 

Financée par le Cancéropôle Grand Ouest.

Il s’agit d’étudier la place que la prise en charge du cancer prend dans l’activité totale des médecin généralistes

Responsable de l’axe sociologique : Ludovic Gaussot

Coordonnée par I. Ingrand, financée par l’IRESP et l’INCA et soutenue par l’ARS.

Responsabilité scientifique :

Serge Ebersold

Hugo Dupont, GRESCO-Poitiers

Recherche menée au sein du Groupe de Recherche sur le Handicap, l’Accessibilité et les Pratiques Educatives et de Scolarisation (GRHAPES, EA 7287), dirigée par Serge Ebersold et financée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

Résumé :

A l’image du GEVA, le GEVA Sco est un support règlementaire à la mise en place du droit à compensation des conséquences du handicap qui ne se substitue ni au droit à réparation, ni au droit à l’accessibilité, mais participe du plan personnalisé de compensation ouvrant droit à une prestation de compensation. Il comble l’absence de support d’évaluation nécessaire à la mise en œuvre de réponses appropriées aux demandes d’aide (notamment d’auxiliaires de vie scolaires) liées à la scolarisation et à la coopération entre les acteurs des MDPH, de l’éducation nationale et du secteur médico-social, soulignée par plusieurs groupes de travail.

Grâce à une approche à la fois qualitative (environ 30 observations et 100 entretiens) et quantitative (traitement statistique de plus de 3 000 dossiers d’élèves à besoins éducatifs particuliers), le projet entend cerner les modalités d’appropriation du GEVA Sco par les acteurs impliqués dans la scolarisation d’élèves à besoins éducatifs particuliers, ainsi que ses atouts et ses faiblesses. Il s’intéresse notamment à ce titre aux apports de l’outil en termes d’évaluation des besoins et de préconisations, ainsi qu’en termes d’appréhension de l’effet capacitant des aides humaines, pédagogiques et techniques. Il se concentre également sur la question de la coopération entre les acteurs impliqués dans le processus ainsi que sur la question de la mobilisation de l’élève et, le cas échéant, de sa famille.

Responsabilité scientifique : Ludovic Gaussot

Financée dans le cadre de l’appel à projets « Prévention, drogues & société », émanant de l’ex Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT aujourd’hui MILDECA), de l’Institut national du cancer (INCa) et de l’Université Paris 13 Nord. L’IREB a contribué au financement de cette recherche.

Il s’agit dans cette recherche d’étudier la construction et la transmission, également la transformation, juvénile et familiale du rapport aux produits psychotropes