• Docteure en sociologie à l'Université de Poitiers

Publications HAL

  • Théoxane Camara. Child fostering and arranged marriages. Two modes of reproduction of family capitals in transnational Malian families. Biennial Conference of the Swiss Society for African Studies and the Association for African Studies in Germany, Aug 2026, Bâle, Switzerland. ⟨hal-05736169⟩
  • Théoxane Camara. Inégalités de destins sociaux et travail adelphique dans des familles d’immigré·es malien·nes nombreuses. Journée d’études « Les adelphies en pratique. Pour une sociologie des frères et sœurs », Réseau thématique 33 de l’Association française de sociologie (AFS), « Sociologie de la famille et de la vie privée », Jun 2026, Paris, France. ⟨hal-05736179⟩
  • Théoxane Camara. (Re)produire la lignée croyante du Mali à la France. De la norme sociale collective aux pratiques éducatives différenciées. Colloque international Migrations & Transmissions, Migrinter, Jun 2025, Poitiers, France. ⟨hal-05562185⟩
  • Théoxane Camara. Circuler dans les familles. L’apport des monographies pour l’analyse des processus de socialisation [Semi-plénière 2.1]. 10e Congrès de l’AFS : Intersections, circulations, Association française de sociologie (AFS), session croisée des RT20 (Réseau thématique Méthodes) et RT50 (Réseau thématique Socialisations), Jul 2023, Lyon, France. ⟨hal-04554848⟩
  • Théoxane Camara. Devenir « le Barack Obama des noirs de France » ? Socialisation raciale et devoir de mobilité sociale chez des descendant·es d’immigrés maliens de classes populaires. Journées d’études "Race et socialisation", Institut Convergences Migration (ICM); Association française de sociologie (AFS), réseau thématique Socialisations (RT50), Nov 2022, Aubervilliers, France. ⟨hal-04556376⟩
  • Théoxane Camara. Ni « bourgeois », ni « bounty ». La mobilité sociale de descendants d’immigré.es malien.nes : passage de frontières de classe et de race ?. 10es Rencontres Jeunes et Sociétés : "Probable / Improbable", Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq); Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST) (UMR CNRS-Aix-Marseille Université); Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM) (UMR CNRS-Aix-Marseille Université), Oct 2021, Marseille (en visio), France. ⟨hal-04554867⟩
  • Théoxane Camara. « Faire le pont entre le bitume et les paillettes ». Les descendants d’immigré.es malien.nes, entre devoir de réussite et fidélité aux origines. 9e Congrès de l’AFS : "Changer ?", Association française de sociologie (AFS), session du réseau thématique Migrations, altérité et internationalisation (RT2), Jul 2021, Lille (en visioconférence), France. ⟨hal-04555009⟩
  • Théoxane Camara. L’ethnographie familiale en pointillés. Enquêter les familles d’immigrés maliens par-delà la distance, les silences et les absences. Journée d’études "Secrets de familles", Réseau d'études pluridisciplinaires sur les paternités et les maternités (REPPaMa), laboratoire junior de la Cité du Genre, Apr 2021, Aubervilliers (en visio), France. ⟨hal-04556390⟩
  • Théoxane Camara. Memories of Origins, and the Origins of Memories – A Sociological Analysis of the Construction of “Africanity” Amongst Sub-Saharan Immigrants’ Children. 4th ISA Forum of Sociology : “Challenges of the 21st Century. Democracy, Environment, Inequalities, Intersectionality", Session "Memory of Migrations and Diasporas", Feb 2021, Porto Alegre (virtual edition), Brazil. ⟨hal-04555019⟩
  • Théoxane Camara. La couleur du capital. Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 2026, Race en pratique(s), n° 262-263 (2026/2-3), pp.76-95. ⟨10.3917/arss.262.0076⟩. ⟨hal-05736119⟩
  • Théoxane Camara. « N’oublie pas d’où tu viens ». La socialisation à l’attachement familial et transnational de descendant·es d’immigré·es malien·nes. Enfances, Familles, Générations, 2024, 47. ⟨hal-05064640⟩
  • Théoxane Camara. « Les grands ils ont tout gâché ». Verdicts scolaires et tensions adelphiques dans des familles malo-françaises populaires (années 2000 et 2010). Recherches familiales, 2024, n°21 (vol. 1), pp.15-26. ⟨10.3917/rf.021.0015⟩. ⟨hal-04554771⟩
  • Théoxane Camara, Marine Duc. Sociologie de la race : compte rendu de lecture de l’ouvrage de Solène Brun et Claire Cosquer (2022). Appartenances & Altérités, 2023, n°4, ⟨10.4000/alterites.1033⟩. ⟨hal-04428403⟩
  • Théoxane Camara, Marine Duc. Sociologie de la race [Sociology of Race] by Solène Brun and Claire Cosquer (2022). Appartenances & Altérités, 2023, Autour de l’appropriation culturelle : posséder ou partager des cultures ?, 4, ⟨10.4000/alterites.1019⟩. ⟨hal-05499954⟩
  • Théoxane Camara. La famille, les vacances et les affaires : séjours en Afrique d’adultes descendants d’immigrés subsahariens. Espaces et sociétés, 2022, n°184-185 (vol. 1-2), pp.149-164. ⟨10.3917/esp.184.0149⟩. ⟨halshs-04428145⟩
  • Théoxane Camara. Derrière la légèreté des « vacances au bled » : le poids de l’histoire et des rapports sociaux. Dièses : revue en ligne contre les discriminations et les préjugés, 2022. ⟨hal-04556295⟩
  • Théoxane Camara, Élodie Druez. Des élites stigmatisées. La vie des idées, 2022. ⟨hal-04556324⟩
  • Théoxane Camara. Sylvia Faure et Daniel Thin (dir.), S’en sortir malgré tout. Parcours en classes populaires. Lectures, 2020, ⟨10.4000/lectures.41652⟩. ⟨hal-04558251⟩
  • Théoxane Camara. Nehara Feldman, Migrantes : du bassin du fleuve Sénégal aux rives de la Seine. Lectures, 2019, ⟨10.4000/lectures.33029⟩. ⟨hal-04558218⟩
  • Théoxane Camara. Mathieu Ichou, Les enfants d’immigrés à l’école. Inégalités scolaires, du primaire à l’enseignement supérieur. Lectures, 2018, ⟨10.4000/lectures.28685⟩. ⟨hal-04558271⟩
  • Théoxane Camara. Des familles sur le fil ? Comment la migration post-coloniale (re)configure l’économie des affects et des relations dans des familles malo-françaises (1980-2023). Sociologie. Université de Poitiers, 2025. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-05562182⟩

Thèse

Titre : Des familles sur le fil ? Comment la migration post-coloniale (re)configure l’économie des affects et des relations dans des familles malo-françaises (1980-2023)

Direction : Mathias Millet et Amélie Grysole

Résumé : Depuis leur installation en France dans les années 1980, les familles « maliennes » représentent une catégorie négative du discours médiatico-politique. Elles sont montrées du doigt comme dysfonctionnelles, autrices de violences sexistes et sexuelles sur les filles et les femmes (excision, « mariage forcé », polygamie) et coupables des errements des fils (échec scolaire, fugue, délinquance). Dans le même temps, dans les villages maliens d’origine, les émigré·es qui ont fait le choix de fonder leur famille en France sont alerté·es sur le risque de fabriquer des « enfants perdus », en éloignant les enfants du giron familial malien. En France comme au Mali, ces familles pionnières de l’émigration familiale sahélienne inquiètent, et les pratiques éducatives parentales attirent le soupçon de l’anomalie et de l’anomie. Par-delà les scénarios catastrophistes, les clichés et les fantasmes, qu’en est-il de la vie de ces familles depuis les années 1980 ? Comment ont-elles fait leur place dans la société française et négocié leur absence de la société malienne ? Comment ont-elles lutté contre le déclassement social et symbolique « ici » (en France) et « là-bas » (au Mali), et œuvré à leur reclassement dans ces deux espaces ? Comment les liens familiaux se sont-ils (re)composés au fil des années et des parcours biographiques des un·es et des autres ?

Ce sont ces questionnements sociologiques qu’explore la thèse, à l’appui d’une enquête ethnographique menée en Seine-Saint-Denis (93) auprès de dix familles d’immigré·es malien·nes appartenant aux classes populaires urbaines françaises. Présentant une sociographie de l’économie des affects et des relations familiales sur le temps long (40 ans), ce travail discute et prolonge la thèse sayadienne des « enfants illégitimes ». Menée auprès d’enfants adultes, l’enquête montre que ces derniers, loin d’être des enfants illégitimes, sont devenus des héritiers des capitaux culturels et économiques de leurs parents, autour desquels la cause commune familiale s’organise désormais. Parallèlement, en étudiant le travail parental et de parenté en migration, ses achoppements et ses recompositions dans le temps, la thèse propose une lecture articulant les différents rapports sociaux (classe, genre, race, âge) dans lesquels les familles sont prises et qu’elles produisent en leur sein, à différents moments de leurs biographies. Elle défend l’idée que l’apparition de tensions inter et intragénérationnelles, particulièrement vives dans les années 2000 (moment de l’entrée dans la vie adulte des enfants les plus âgés et de l’adolescence de leurs cadet·tes) relève plus de l’histoire (post)coloniale que d’une impossibilité intrinsèque à faire famille ou à dépasser les intérêts antagonistes des classes d’âge.

Mots clés : famille ; migrations subsahariennes ; socialisation ; mobilité sociale ; âges de la vie ; parentalité ; rapports sociaux (classe, genre, race, âge) ; racialisation ; quartiers populaires ; transnationalisme ; monographies de familles