Publications 2018

Stéphane Dorin (dir./ed.), Déchiffrer les publics de la musique classique. Perspectives comparatives, historiques et sociologiques / Unraveling classical music audiences. Historical, sociological and comparative perspectives, Paris, Editions des Archives contemporaines, 2018.

Les publics de la musique classique font l’objet d’un grand nombre de représentations sociales, depuis les caricatures de Daumier à l’Opéra de Paris jusqu’aux mises en scène des nouveaux publics d’El Sistema. Si le constat de leur déclin et de la nécessité́ de promouvoir leur renouvellement à l’ère numérique semble désormais largement partagé, comme le démontrent, enquêtes à l’appui, les diverses contributions réunies dans cet ouvrage, c’est aussi à une réflexion sur le sens et la portée du concert dans l’espace public qu’invitent les auteurs réunis ici.

Le présent ouvrage dresse ainsi un bilan à la fois historique, sociologique et politique des transformations de la vie musicale et du concert de musique classique du XIXe siècle à nos jours. En rassemblant plus d’une vingtaine de spécialistes, français et étrangers, historiens, musicologues, sociologues, économistes, politistes, professionnels de la culture et de la musique, cet ouvrage invite non seulement à réfléchir aux conditions historiques qui ont façonné́ le concert tel que nous le connaissons aujourd’hui et engendré les difficultés à renouveler ses publics, mais aussi à envisager l’avenir de la musique classique et de ses concerts à l’ère du multimédia et des cultures numériques.


Stéphane Beaud, La France des Belhoumi. Portraits de famille (1977-2017), Paris, La Découverte, 2018.

Un livre de plus sur les jeunes « issus de l’immigration » ? Pour dénoncer les discriminations qu’ils subissent, sur fond de relégation sociale dans les quartiers « difficiles » ? Et conclure sur l’échec de leur « intégration » dans notre pays ?
Non. L’ambition de Stéphane Beaud est autre. Il a choisi de décentrer le regard habituellement porté sur ce groupe social. Son enquête retrace le destin des huit enfants (cinq filles, trois garçons) d’une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d’une petite ville de province. Le récit de leurs parcours – scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. – met au jour une trajectoire d’ascension sociale (accès aux classes moyennes).
En suivant le fil de ces histoires de vie, le lecteur découvre le rôle majeur de la transmission des savoirs par l’école en milieu populaire et l’importance du diplôme. Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux sœurs aînées qui redistribuent les ressources accumulées au profit des cadets : informations sur l’école, ficelles qui mènent à l’emploi, accès à la culture, soutien moral (quand le frère aîné est aux prises avec la justice), capital professionnel (mobilisé pour « placer » un autre frère à la RATP)…
Cette biographie à plusieurs voix, dont l’originalité tient à son caractère collectif et à la réflexivité singulière de chaque récit, montre différents processus d’intégration en train de se faire. Elle pointe aussi les difficultés rencontrées par les enfants Belhoumi pour conquérir une place dans le « club France », en particulier depuis les attentats terroristes de janvier 2015 qui ont singulièrement compliqué la donne pour les descendants d’immigrés algériens.

Laurence ELLENA, Pierig HUMEAU, Fanny RENARD (dir.), La reconnaissance à l’oeuvre. Luttes de classement artistique, processus, ambivalence. Limoges, PULIM, 2018.

S’inscrivant dans l’analyse des continuités mais aussi des transformations contemporaines des mondes de l’art, cet ouvrage met l’accent sur les processus de longue durée et les changements historiques des règles du jeu de la reconnaissance. Il explore les modalités de construction de la valeur et la transformation des critères et des formes de classification des œuvres en fonction de différents cadres sociaux, historiques et politiques et pointe le rôle qu’y joue la scène internationale.

L’intérêt porté aux critères de classification de l’excellence artistique permet de souligner les luttes existant entre différents principes de reconnaissance, entre des principes autonomes et hétéronomes de classification des biens culturels.

Enfin, l’ouvrage invite à prêter attention à des œuvres et des genres dominés, ou dont l’identification comme art n’est pas « allée de soi » (bandes dessinées, affiches, cinéma, cirque, littérature best-seller, avant-garde plasticienne, musique populaire, etc.) et souligne l’ambivalence même des reconnaissances acquises. De la sorte, il souhaite rendre tangible le caractère profondément social des critères esthétiques et des modes de production des créations artistiques.

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