MICHOUX Clémence

Doctorante en sociologie à l’Université de Poitiers

clemence.michoux@univ-poitiers.frclémence michoux photo

Thèse de sociologie

Titre : « La « vie scolaire » et le conseiller principal d’éducation, un terrain d’étude des scolarités au collège »

Direction : Mathias MILLET et Etienne DOUAT

Résumé:

La recherche entreprise porte sur les services de vie scolaire et le métier de Conseiller principal d’éducation (CPE) en collège. Son objectif est d’analyser ces services comme des espaces de socialisation des élèves et de leur trajectoire au sein des établissements du secondaire. Pour ce faire, il s’agira de tenir ensemble, d’une part, les effets des logiques socialisatrices scolaires qui ne relèvent pas de l’enseignement sur les parcours des collégiens ; d’autre part, l’analyse du métier de CPE et du renouveau, à l’échelle scolaire, de ses dimensions d’un métier « d’éducateur ». Ce travail de thèse se situe à l’intersection d’une sociologie de la socialisation, de l’éducation, de la scolarisation des classes populaires et des groupes professionnels.

Les services de vie scolaire constituent un poste d’observation des scolarités en ce qu’ils sont des espaces d’interactions quotidiens pour une partie des élèves avec les agents de ces services et ce, d’autant plus auprès des élèves dits « en difficulté » (exclusions, sanctions, entretiens avec le CPE, convocation des parents, etc.). Les relations nouées entre l’institution scolaire et d’autres champs de prise en charge de la jeunesse (services sociaux, judiciaires, médicaux, psychologiques, éducatifs, etc.) ont renforcé le rôle de la « vie scolaire » et plus particulièrement celui des CPE, en professionnels relais des établissements scolaires qui participent à la création de « savoirs » sur les élèves, en partie déconnectés des situations d’apprentissage. Mais à travers le repérage et le « traitement » des élèves dont l’ethos de classe et le capital linguistique sont éloignés du mode scolaire de socialisation apparaissent également des modalités particulières de prise en charge (entretiens, emplois du temps aménagés, sanctions individualisées, etc.) assumées « en interne » par ces professionnels. Ces premiers éléments posent la question tant des effets de ces modalités de prise en charge des collégiens dans l’espace scolaire sur leurs parcours que des différentes expressions de la « forme scolaire » en dehors des espaces réservés à l’enseignement.

 Le dispositif méthodologique, centré sur une approche ethnographique, repose sur l’observation des diverses configurations socialisatrices dans lesquelles sont régulièrement pris les élèves éloignés du mode scolaire de socialisation, à partir des interactions quotidiennes se déroulant dans les espaces hors classes des collèges[1]. Il intègre également des entretiens avec les différents protagonistes participant aux scènes sociales observées (élèves, familles, agents scolaires, notamment). Les entretiens avec les agents de l’institution scolaire ont pour objectif d’éclairer les catégories de perception et d’action à l’œuvre à l’égard des collégiens ; ceux avec les élèves et leurs familles, à diverses reprises sur le temps de l’enquête, porteront plus spécifiquement sur ce qui influence leurs parcours scolaires du point de vue de leur relation à cette partie de l’institution. L’analyse de l’inscription historique des CPE, traditionnellement chargés de la discipline, dans la division du travail éducatif propre à ce niveau d’enseignement relèvera d’un dépouillement d’archives (syndicales et professionnelles) qui sera croisé à un ensemble d’entretiens biographiques. Il s’agira ainsi d’analyser les évolutions historiques qui ont accompagné les transformations de ce groupe professionnel et de différentes générations « d’éducateurs » à l’échelle scolaire, du surveillant général au CPE.

[1] L’intérêt d’étudier ce niveau d’enseignement réside dans la mixité du public accueilli ; le collège continue d’accueillir la quasi-totalité d’une classe d’âge, majoritairement soumise à l’instruction obligatoire.

 

Communications

2015 : « Comment devient-on CPE ? Les déterminants d’accès à une profession “extra” enseignement », communication lors de la journée d’étude commune Poitiers-Limoges des masters 2 (dir. Gilles Moreau, Choukri Ben Ayed), Université de Poitiers, le 20 avril.

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