CHIHI Aziza

Doctorante en sociologie à l’Université de Poitiers

aziza.chihi@univ-poitiers.fr

Thèse

Titre : La fréquence des IVG chez les mineures. Analyse sociologique des stratégies préventives en matière d’information et d’éducation

Directeur : Ludovic Gaussot

Résumé :
Notre objet de recherche porte sur l’interruption volontaire de grossesse chez les mineures. Si le nombre global d’IVG en France est resté stable depuis 2009 , ce n’est pas le cas pour les jeunes filles, chez lesquelles le nombre d’IVG ne cesse d’augmenter. Notre objectif sera de comprendre les raisons de la persistance du nombre élevé de l’IVG chez les mineures. Ce n’est pas tant d’analyser l’IVG comme pratique qui nous intéresse, mais de comprendre les causes de la survenue d’une grossesse non prévue qui aura pour issue le recours à une IVG. En se fondant sur l’étude des campagnes d’information et de sensibilisation à la question à travers leurs différents canaux, à savoir la presse écrite destinée aux jeunes (ou presse dite féminine), les émissions télévisuelles et radiophoniques et bien d’autres encore, nous essaierons d’étudier et de confronter le discours produit par ces campagnes à son écho sur le terrain. Nous tenterons de définir les obstacles en particulier sociaux auxquels se heurtent les jeunes filles pour l’accès, la compréhension et la mise en pratique d’une contraception efficace. On peut alors poser la question suivante : quelles sont les déterminants qui interviennent dans le maintien du nombre d’IVG chez les mineures ? L’approche préventive prend-elle en compte les classes sociales des jeunes filles, autrement dit toutes les jeunes filles sont-elles égales devant l’information ? Par ailleurs, les résultats de notre recherche en master 2 nous ont révélé que le message préventif émanant de ces campagnes est destiné exclusivement aux jeunes femmes. En effet, les témoignages de ces dernières nous ont confirmé ce constat de la prise en charge essentiellement féminine de la prévention procréative. Nous nous sommes interrogée alors sur la place qu’occupent les jeunes hommes dans cet effort. L’étude des pratiques contraceptives chez les jeunes femmes nous a révélée une quasi-absence d’implication des jeunes hommes sur cette question. Interroger le rapport aux pratiques contraceptives de la part des jeunes garçons, notamment quand ils vivent en couple, est une perspective de recherche intéressante puisqu’elle a été très peu étudiée sous cet angle. En effet, la régulation des naissances et la procréation sont considérées dans le discours préventif comme relevant des compétences des femmes. L’étude de ces représentations nous renseigne sur ce qui se joue dans la sphère privée en termes de rapports de couple.

Pour ce faire, et afin de comprendre la construction de l’information contraceptive dans les stratégies communicatives, nous envisageons de continuer le travail entamé l’année précédente, à savoir l’analyse de la documentation produite consistant en un dispositif découlant de la mise en place des politiques publiques en la matière qui se base sur différents moyens d’information destinés aux jeunes. Pour comprendre le discours produit alors, il faudra le confronter aux politiques menées sur le terrain. Il sera donc opportun d’interroger la mise en œuvre effective de ces politiques à travers une enquête qualitative auprès des instances et des organismes impliqués directement dans la prévention, à savoir des responsables de centres de planification, des chefs d’établissements scolaires, des parents.

Cependant, ces campagnes mettent l’accent exclusivement sur un seul destinataire, à savoir les jeunes femmes. Lors de l’enquête qualitative que nous avons réalisée l’année dernière, où notre intérêt s’est porté uniquement sur les biographies contraceptives chez des jeunes filles, nous avons pu recueillir leur témoignage concernant leur pratique contraceptive. À travers ces témoignages, nous avons pu effectivement constater une quasi absence d’implication de la part des jeunes hommes dans la pratique contraceptive. Nous souhaitons approcher maintenant directement les jeunes garçons afin de recueillir leur propre témoignage sur leur expérience contraceptive, mais aussi pour cela leur expérience et représentation de la sexualité et de la procréation, en vue de mieux comprendre les mécanismes qui structurent l’implication ou non dans le choix et la gestion de la mise en pratique d’une contraception.

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