TANGUY Lucie

(CNRS, Université de Paris X)

Mort et résurrection d’un diplôme symbole, le CAP, en France
Les années 1980-1990.

Cette contribution développera une thèse : la disparition du CAP, comme certification de la qualification ouvrière, a été programmée et administrée par l’administration de l’Education nationale, contrairement aux représentations véhiculées selon lesquelles celle-ci serait due à une lente et longue désaffection des élèves à son égard, et à son caractère caduc sur le marché du travail.
Pour le démontrer, elle rappellera certains traits significatifs des politiques éducatives impulsées dans les années 1980, au cœur desquelles la norme scolaire a été portée au niveau du baccalauréat. Elle montrera comment cette politique énoncée en termes de « 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat » a bousculé les bases institutionnelles de la formation professionnelle en France et les représentations qui lui étaient attachées. Elle examinera le postulat selon lequel le technicien devenait le personnage central de l’industrie tandis que la place de l’ouvrier qualifié tendait à disparaître corrélativement au développement de l’automatisation. Le CAP est alors apparu comme une certification minimale nécessaire pour accéder à un emploi.
En conclusion, elle questionnera le rapport des intellectuels et des universitaires à l’enseignement technique et professionnel qui peut être qualifié d’ « ethnocentrique » et proposera quelques réflexions sur la manière d’exercer une sociologie critique sur ce domaine de la réalité sociale, qui reste si délaissé par les chercheurs.

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