MAILLARD Fabienne

(CURAPP, Université de Picardie/Jules Verne) 

La refondation du CAP : ambitions et limites d’une politique volontariste

Considéré comme un diplôme obsolète et comme un obstacle potentiel au développement du baccalauréat professionnel, diplôme créé en 1985, le CAP a subi entre 1985 et 1997 toute une série de mesures destinées à le mettre à l’écart des lycées professionnels. Très efficace, cette politique a provoqué un important déclin du diplôme dans le système scolaire, au point qu’il pouvait paraître seulement résiduel. Face au nombre élevé des sortants du système éducatif sans diplôme, à la persistance des emplois d’exécution et à la concurrence de diverses certifications professionnelles, le ministère de l’Éducation nationale s’est ensuite attaché à « refonder » le CAP et à en faire le principal diplôme du niveau V. Lentement mis en œuvre, ce programme d’action a obtenu quelques résultats, sans redonner toutefois au diplôme les « lettres de noblesse » escomptées. Depuis la fin de l’année 2007, une nouvelle politique est à l’œuvre pour assurer « la rénovation de la voie professionnelle ». Le CAP y occupe une place majeure. Toutefois, malgré tous les efforts menés en sa faveur, qui doivent aller jusqu’à la création de nouvelles spécialités, plusieurs limites pèsent sur sa relance. Elles tiennent à la faiblesse de l’attrait du diplôme, qui reste associé au public des élèves en difficultés auxquels il a été réservé pendant un temps, à son absence de raisons d’être dans de nombreuses activités professionnelles, mais aussi aux réticences manifestées par certains acteurs du système éducatif, qui envisagent le retour du CAP comme une régression. Au-delà de la refondation du CAP se dessine un autre projet de réforme.

Recherche

Menu principal

Haut de page