LEMBRE Stéphane

(IRHIS, Université Charles De Gaulle, Lille 3)

Les CAP et le marché local de l’emploi (1919-1939)
Créations et évolutions dans le Nord et le Pas-de-Calais

Dans l’effort d’institutionnalisation de l’enseignement technique postérieur à la Première Guerre mondiale, appuyé sur la loi Astier et sur la création de la taxe d’apprentissage, le développement du CAP devient un instrument d’administration de l’enseignement – la présentation d’élèves au CAP est par exemple progressivement prise en compte pour l’exonération de la taxe d’apprentissage – et de l’articulation entre ce système en constitution d’une part, et le marché de l’emploi d’autre part. Les besoins de main-d’œuvre exprimés face au défi de la reconstruction du Nord de la France dans les années 1920, puis le rôle croissant joué par la formation au travail dans un contexte de difficultés économiques et de montée du chômage dans les années 1930, contribuent à consolider la place du CAP.

Cette affirmation du diplôme est désormais bien connue. Mais il reste sans doute encore à mieux comprendre comment le CAP s’impose, ou plutôt de quelle manière il est « imposé » par l’administration centrale de l’enseignement technique et, surtout, par ses représentants locaux, non sans indifférence, concurrence ou résistance selon les cas. Il convient ainsi d’interroger la diversification du CAP à la fois comme un élément de souplesse et, peut-être, comme un élément de faiblesse, en identifiant les individus et les groupes qui interviennent dans ce processus. Le repérage de cette double logique ne serait d’ailleurs pas nécessairement contradictoire, mais révélateur de l’appropriation différenciée du diplôme, de sa pertinence ou de sa portée davantage locale, voire régionale, que nationale. Pour cela, il faut associer l’étude des formations, celle des dispositifs d’obtention du CAP et celle des des marchés locaux de l’emploi. À la rencontre des impulsions centrales et des appropriations locales, peut-on repérer l’ébauche d’un fonctionnement régional de la certification ?

On s’appuiera en particulier, pour mesurer l’évolution du CAP dans le Nord et dans le Pas-de-Calais, sur les riches sources que constituent les rapports présentés dans les comités départementaux de l’enseignement technique du Nord et du Pas-de-Calais, ainsi que sur les décisions des commissions locales professionnelles et, lorsque des archives existent, sur l’attitude des entreprises et de certaines institutions de formation privées.

Vous trouverez ci-dessous le texte de la communication dans son intégralité :

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