ECKERT Henri

(GRESCO, Université de Poitiers)

Cap : la lente agonie d’un symbole

Le CAP a constitué tout un symbole ; mais la valeur emblématique/distinctive du diplôme s’est étiolée en même temps que s’érodait sa valeur sociale/monétaire relative. C’est sur ce dernier aspect que nous voudrions appuyer notre contribution, dans le but d’en revenir, in fine, à la valeur symbolique du diplôme.

Nous prendrons, pour cela, appui sur les enquêtes Génération du Céreq. Parmi les variables disponibles, descriptives des individus interrogés, il en est une qui précise le diplôme avec lequel ces individus sont entrés sur le marché du travail. S’il est ainsi possible de décrire le devenir des titulaires d’un CAP au cours des premières années de leur vie active, la forme de leur insertion professionnelle et, notamment, d’évaluer les positions sociales qu’ils ont atteintes ou les salaires obtenus dans leurs différents emplois, il est possible aussi de revenir en arrière sur les parcours scolaires ou les origines sociales des titulaires d’un CAP et de les mettre en rapport avec leur devenir. Il s’avère possible encore de situer l’insertion des titulaires d’un CAP par rapport à celle des titulaires d’autres diplômes professionnels et ainsi de situer le CAP relativement aux autres diplômes professionnels. Il apparaît enfin possible de prendre la mesure de la marginalisation progressive des titulaires de CAP en mesurant les flux de sorties et, sans doute, en prenant la mesure des difficultés croissantes rencontrées par les titulaires du diplôme en début de vie professionnelle.

Nous devrions ainsi disposer de tous les éléments nécessaires pour décrire et suggérer quelques pistes d’interprétation du lent déclin d’un diplôme qui avait, dans l’après deuxième guerre mondiale, signer la qualification ouvrière et assurer le prestige de ses détenteurs. Il s’agira notamment de revenir sur la dévalorisation absolue ou relative du Cap, depuis que certains auteurs ont désigné par le terme de « déclassement » le fait que certains titulaires du diplôme n’obtenaient plus, dès le milieu des années 1970, des emplois d’ouvriers qualifiés jusqu’au moment où les titulaires actuels peinent à maintenir un avantage sur les non-diplômés. Notre évaluation tentera donc de prendre en compte non seulement la dimension économique mais aussi la dimension symbolique que nous avons évoquée d’entrée.

Vous trouverez ci-dessous le texte de la communication dans son intégralité :

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