COURTINAT-CAMPS Amélie

(CUFR Jean-François Champollion, Albi)

Préparer un certificat d’aptitudes professionnelles en lycée professionnel ou par apprentissage en 2011 : conditions de réussite et sens de l’expérience des élèves de la formation professionnelle initiale

Cette contribution vise à présenter une synthèse des travaux réalisés par les chercheurs du laboratoire PDPS sur les conditions de réussite des apprentis et lycéens professionnels préparant un Certificat d’Aptitudes Professionnelles. Ces recherches inscrites dans le courant de la psychologie historique, privilégient une approche relationnelle et contextuelle de la production des inégalités et plus largement des réalités scolaires. Nous mettons l’accent sur la problématique du rapport au savoir qui, à partir d’une perspective interactionniste, permet de dépasser une explication causale se limitant à mettre l’accent sur les seuls éléments objectifs pour expliquer les avatars de la scolarité. Le rapport au savoir est envisagé comme une forme de rapport au monde qui renvoie à «un ensemble de jugements évaluatifs et d’attitudes […] portant à la fois sur ce qui vaut d’être appris, sur ce qui est légitime, pertinent et utile de savoir, et sur la signification même accordée aux termes tels que savoir, apprendre et aux activités et compétences qu’ils désignent selon les individus ou les groupes sociaux» (Rochex, 1995, 128). La posture théorique adoptée, consiste à étudier les modes de socialisation familiale et scolaire dans un rapport dialectique avec les processus de personnalisation et de subjectivation (Malrieu, 2003). Il s’agit principalement d’étudier les mobiles de l’activité en dégageant le point de vue du sujet soit le sens que les élèves de la formation professionnelle initiale accordent à leur expérience d’apprenants en fonction de leur histoire sociale, familiale et scolaire.

Nos résultats montrent ainsi la nécessité de rompre avec une vision homogène des publics candidats au CAP et d’adopter une lecture en positif de l’expérience de ces jeunes. Apprentis et lycéens professionnels, loin d’évoluer dans un monde anomique, développent des formes de rapport au monde originales et cherchent à se donner les moyens de construire leur existence et de se doter d’un avenir. Pour autant, ils constituent des groupes d’apprenants différents qui au-delà de leurs origines socio-familiales communes, n’accordent pas la même valeur et les mêmes significations à leur parcours scolaire, à leur orientation vers la formation professionnelle, à l’acte d’apprendre, aux contenus et de savoir qui leur sont proposés et au-delà au CAP qu’ils espèrent obtenir.

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