CAYOUETTE-REMBLIERE Joanie

(Centre Maurice Halbwachs, ENS/EHESS)

La préparation et l’accession au CAP
dans l’espace des trajectoires scolaires au début du XXIe siècle

À partir d’une analyse à deux niveaux des trajectoires scolaires en France, cette
communication souhaite interroger la place de la préparation du CAP d’une part et de l’accession à ce
diplôme d’autre part dans les parcours scolaires.

I. UNE TYPOLOGIE DES TRAJECTOIRES

À partir du panel d’élèves 1995 (DEPP), base de données recensant les trajectoires scolaires
d’un échantillon représentatif d’élèves entrés en 6e en 1995 (n=17 830) et à l’aide de méthodes
d’appariement optimal, j’ai réalisé une typologie des trajectoires scolaires, dont la classification
optimale permet de décrire 11 classes. Parmi celles‐ci, cinq sont concernées par l’obtention
éventuelle d’un CAP. Il s’agit donc de situer ces trajectoires par rapport aux trajectoires scolaires
dans leur ensemble et de saisir les différentes façons de préparer et d’accéder à un CAP. Nous
verrons donc s’opposer les parcours des élèves orientés de façon précoce dans l’enseignement
professionnel à ceux qui s’y retrouvent par défaut, à la suite d’un échec au lycée général et
technologique ; nous situerons également le CAP par rapport à son principal concurrent, le BEP. Nous
pourrons alors saisir les modalités d’accès au diplôme du CAP et de son cumul ou non avec d’autres
diplômes (BEP, bac pro, notamment), en articulant cette variable avec le type de scolarité (en
apprentissage ou en lycée professionnel) et le contenu des formations (spécialités choisies). Nous
verrons donc que certains parcours dans l’enseignement professionnel conduisent beaucoup plus
souvent que d’autres à l’obtention d’un diplôme.
Cette analyse peut nous conduire à construire un espace de l’enseignement professionnel,
qui doit à la fois à sa logique propre et à sa situation dominée par rapport à l’enseignement général.
En ce sens, l’enseignement professionnel voit se côtoyer à la fois des « repêchés de la relégation » et
des accrochés du général, ces élèves qui ne se vivent que dans l’ombre des lycéens du général et qui
ne parviennent pas à opérer leur conversion à l’enseignement professionnel. À partir d’une approche

II. ARRIVER EN CAP : ENTRE ORIENTATION ET CONVERSION À DE NOUVELLES NORMES

Dans un deuxième temps, je pourrai faire le lien entre cette typologie et une base de
données localisée, construite par moi‐même sur la base des dossiers scolaires d’une cohorte entière
d’élèves (n=530). Ainsi, les trajectoires pourront être décrites beaucoup plus finement ; je pourrai
appréhender en détails les processus d’orientation conduisant au CAP et les moments où ce type
d’orientation émerge, de même que les modalités de la conversion aux valeurs de l’enseignement
professionnel ou non.

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