CAMARA Théoxane

Doctorante en Sociologie à l’Université de Poitiers

Membre du Laboratoire junior « Altérités, Marginalités, Catégorisations » (ENS de Lyon)

Affiliée à l’Institut Convergences Migrations (2020-2023)

theoxane.camara@univ-poitiers.fr

theoxane.camara@ens-lyon.fr

Responsabilités

2019-2021 : Membre du Conseil de laboratoire Gresco

 

Thèse

Titre :  Parcours de descendants d’immigrés maliens de classe populaire. S’élever socialement et cultiver son « africanité » : entre devoir de réussite et quête de respectabilité.

Direction : Stéphane Beaud

Résumé :

L’objectif de cette thèse est d’étudier les parcours sociaux de descendants d’immigrés maliens en France. À la croisée d’une sociologie des socialisations, de la famille et de l’immigration, cette étude met en regard différentes (sphères de) socialisations afin de comprendre, dans une approche longitudinale et biographique, la relation dialectique entre les parcours sociaux des descendants d’immigrés maliens et leurs rapports à l’« africanité ». Cette dernière est entendue comme un construit social, renvoyant, de manière syncrétique 1) à des stéréotypes ethno-raciaux (et aux manières dont les individus en prennent conscience et composent avec) ; 2) à une histoire migratoire familiale (appréhendée sous le prisme des transmissions / appropriations) ; et 3) à un espace, le pays d’origine des parents (renvoyant à des biens et des liens, et pouvant faire l’objet de pratiques et représentations variées).

Un premier axe de recherche étudie les parcours sociaux des descendants d’immigrés maliens. Par « parcours social », nous entendons plus précisément les trajectoires scolaire, socio-professionnelle et résidentielle, en tant qu’elles président à la constitution d’habitus (dispositions et pratiques culturelles formées par des socialisations spécifiques – famille, école, quartier, sociabilités amicales, amoureuses, et éventuellement professionnelles). Cet axe conduira aussi à étudier les parcours parentaux, afin de réinscrire les destinées sociales des enfants dans une histoire familiale et migratoire, pour évaluer les formes de reproduction ou mobilité sociale.

Un second axe explore les pratiques transnationales et le rapport à l’« africanité » des enfants d’immigrés maliens. En lien avec le premier axe, il s’agit d’analyser ces pratiques et représentations de l’« africanité » comme constitutives d’un sens pratique mis au service du « devoir de réussite ». Cet axe interrogera également l’idée d’une transmission familiale de l’intérêt pour les « origines » (histoire migratoire, pays d’origine des parents, langue, etc.), comme stratégie éducative.

Enfin, un troisième axe de recherche vise à rendre compte de l’expérience minoritaire, et des quêtes de respectabilité qui en découlent. Plutôt que de souligner les invariants d’une « condition noire »[1], il s’agit d’éclairer les conditions sociales dans lesquelles émerge une certaine « conscience racisée »[2] selon les caractéristiques sociales individuelles et les socialisations familiales (le discours parental et familial sur l’expérience migratoire et minoritaire, le discours parental et familial sur le racisme, etc.).

Pour répondre à de tels questionnements, je mène une dizaine d’ethnographie familiale, à travers des entretiens et observations répétés, auprès de familles franco-maliennes résidant en région parisienne. Ce travail qualitatif sera complété par la mobilisation et l’exploitation de données quantitatives (enquête TeO, données de l’Échantillon Démographique Permanent, et enquête Emploi 2010, qui intègre les variables « immigrés » et « descendants d’immigrés »), afin de mesurer les destins sociaux des enfants d’immigrés subsahariens.

[1] NDIAYE P., La condition noire. Essai sur une minorité française, Calmann-Lévy, 2008.

[2] REX J., « Race relations in sociological theory », in BACK L. et SOLOMOS J. (dirs.), Theory of race and racism, a reader, Routledge Publishers, 2000, p.119-124.

 

Publications

RECENSIONS D’OUVRAGES

2020 : Théoxane Camara, « Sylvia Faure et Daniel Thin (dir.), S’en sortir malgré tout. Parcours en classes populaires », Lectures

2019 : Théoxane Camara, « Nehara Feldman, Migrantes : du bassin du fleuve Sénégal aux rives de la Seine », Lectures

2018 : Théoxane Camara, « Mathieu Ichou, Les enfants d’immigrés à l’école. Inégalités scolaires, du primaire à l’enseignement supérieur », Lectures 

 

Mémoires et rapports de recherche

2019 : Supporters insupportables ? Analyse sociologique d’une pratique transgressive de l’espace public dans un quartier populaire de Saint-Denis, rapport de recherche sous la direction de Christine Bellavoine (sociologue, ville de Saint-Denis) et Marie-Hélène Bacqué (Professeure en études urbaines, Université de Nanterre).

2018 : « Plus l’temps d’niaiser ». Entrée dans la vie adulte et quête de respectabilité chez les fils d’immigrés noirs, mémoire de recherche de Master 2. Direction : Frédéric Rasera (maitre de conférences en sociologie, Université Lyon 2) et Christine Détrez (Professeure de sociologie, ENS de Lyon), mention très bien

2017 : Le terrain de street workout des Berges du Rhône : un sport, un lieu, des pratiquants, mémoire de recherche de Master 1. Direction : Isabelle Mallon (Maitresse de Conférences en sociologie, Université Lyon 2) et Jean-Yves Authier (Professeur de sociologie, Université Lyon 2), mention très bien

 

Communications

Communications avec comité de sélection

2021 : « Memories of Origins & the Origins of Memories. The Construction of “Africanity” amongst Sub-Saharian Immigrants’ Children », IV ISA Forum of Sociology, Memory of Migrations and Diasporas – Porto Alegre (virtuel), 25 février

2021 : « L’ethnographie familiale en pointillés. Enquêter les familles d’immigrés maliens par-delà la distance, les silences et les absences », Journée d’études Secrets de familles. Comment enquêter sur l’espace privé ?, REPPaMa et laboratoire junior « Parentalités plurielles et genre » de l’Ined – Aubervilliers (virtuel), 8 avril

2021 : « « On est très famille » ». Pratiques, socialisations et transmissions du lien familial dans les familles d’immigrés maliens en France », Journées d’études Les liens, École doctorale SLPCE – Poitiers (virtuel), 17 juin

2021 : « « Faire le pont entre le bitume et les paillettes ». Les descendants d’immigrés maliens, entre devoir de réussite et fidélité aux origines », 9ème Congrès de l’AFS, RT2 – Lille (virtuel), 7 juillet

2021 : « Les descendants d’immigrés maliens de classe populaire en (forte) ascension sociale : des transfuges de classe et/ou de race ? », 9ème Congrès de l’AFS, RT24 – Lille (virtuel), 7 juillet

Communications sans comité de sélection

2020 : « Grandir dans une famille (très) nombreuse : une ressource pour les enfants d’immigrés maliens ? », séminaire doctoral du Gresco, Poitiers (virtuel), 6 novembre

 

Organisation de manifestations scientifiques

2019 : membre du comité d’organisation de la Journée d’études « Croiser les dominations : des aspérités du terrain aux défis de l’interprétation », ENS de Lyon

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