LE CENTENAIRE DU CAP. Apprentissages professionnels, certifications scolaires et société

COLLOQUE organisé par le GRESCO, les 18-19-20 octobre 2011, MSHS de Poitiers

Au cours du XXe siècle, les diplômes se sont progressivement imposés dans l’univers mental des jeunes et des familles comme la clé du destin professionnel et social. Parmi eux le CAP, Certificat d’aptitude professionnelle, est aujourd’hui centenaire. Créé en 1911 sous le nom de Certificat de capacité professionnelle, il prendra son appellation contemporaine en 1919 à l’occasion du vote d’une loi sur la formation professionnelle des jeunes gens et des jeunes filles, la loi Astier.

Un anniversaire justifie-t-il un colloque ? La rigueur scientifique voudrait que non. Pourtant, rares sont les diplômes qui résistent autant à la durée. Malgré une notoriété moins grande que celle du Baccalauréat, le CAP est devenu un diplôme familier, dont l’acronyme est passé dans le langage commun. Il a même survécu au Certificat d’études, pourtant œuvre emblématique de la République. Cette longévité étonne et demeure une énigme peu étudiée par les sociologues et les historiens. Longtemps rare, par deux fois au moins condamné par les politiques publiques, il a survécu, est toujours fortement présent dans les Centres de formation d’apprentis et revient aujourd’hui dans les Lycées professionnels. Est-ce parce qu’il serait une figure inaltérable de la formation professionnelle ? Rien n’est moins sûr. Sous l’uniformité d’une appellation durable, le CAP camoufle la différence des choses. Initialement créé pour les apprentis déjà au travail, devenu ensuite l’instrument d’une qualification ouvrière reconnue notamment dans les conventions collectives, il affiche aujourd’hui des facettes multiples : diplôme de référence dans plusieurs secteurs d’activité ou métiers, outil de la construction de la qualification professionnelle au profit d’emplois émergents ou en voie de professionnalisation, remédiation scolaire et sociale, etc.

Cette polymorphie mérite un colloque. En effet, derrière la longévité de ce diplôme professionnel, se donnent à voir les politiques publiques, le marché du travail, l’espace des certifications et plus largement les hommes et les femmes qui en sont titulaires et pour qui il représente souvent plus que le dernier des diplômes, comme pourrait le laisser penser une vision unilinéaire des savoirs. On peut, au contraire, parler à son propos de « diplôme premier » au double sens de son ancienneté dans le champ de la qualification professionnelle et du fait qu’il constitue le premier — et parfois le seul — diplôme détenu par les individus.

En un mot, « penser le CAP », c’est poser la question de l’articulation entre apprentissages professionnels, certifications scolaires et organisation du travail et, plus largement, entre diplômes et société, en France bien sûr, mais également, par comparaison, dans les pays voisins.

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